Sign up with your email address to be the first to know about new products, VIP offers, blog features & more.

Savon de Marseille – Historique et fabrication

%enseignement Design Marseille Philippe Delahautemaison Agnès Martel Esadmm Savon de Marseille - Historique et fabrication

Histoire

L’histoire du savon de Marseille traverse les siècles. Le savon de Marseille, cube composé à 72 % d’huiles, est utilisé sur tous les continents, et dans toutes les cultures. Universel, grâce à ses qualités intrinsèques, il est à la fois un produit de lessive et un produit de beauté.

En remontant le temps, on retrouve des traces des premières mixtures, à base d’huile, d’eau et de cendres, dans l’Antiquité. C’est au Moyen-Âge que le procédé de fabrication est inventé, en ajoutant de la chaux aux cendres lessivées.

C’est à Marseille qu’il va, au cours des siècles suivants, acquérir ses lettres de noblesse. Au point de donner son nom au procédé de fabrication, à défaut d’une appellation contrôlée qui aurait pu le protéger des dérives et notamment des copies.

À la fin du 16e siècle, la savonnerie est issue de petites entreprises familiales marseillaises. Le Midi, et la Provence en particulier, dispose des matières premières nécessaires, l’huile d’olive, le sel et les cendres de salicorne de la Camargue, et plus tard l’huile de palme et le coprah issus des colonies.

La fabrication du savon requiert également des moyens de chauffage, pour alimenter les chaudrons qui servent à la cuisson des huiles. L’exploitation des mines de charbon joue un rôle important dans le développement de la production, artisanale puis industrielle, du savon.

Au 19ème siècle la profession de savonnier s’organise, et Marseille s’affirme comme le principal lieu de production, suivie de Toulon et de Salon-de-Provence. L’activité est alors particulièrement florissante, et Marseille compte plusieurs dizaines de savonneries. Chacune propose sa propre marque.

Avec le développement des poudres pour machines à laver, la production du savon de Marseille diminue fortement, et de nombreuses savonneries doivent mettre la clé sous la porte. Mais les vertus de ce produit naturel et biodégradable vont être à l’origine d’un renouveau depuis les années 80.

Fabrication

Le procédé « Marseillais » est un procédé traditionnel et discontinu de fabrication du savon, au cours duquel, la cuisson de la pâte est réalisée en chaudron. Il se compose d’étapes caractéristiques, et se déroule selon un cycle de 80 heures environ

  •  L’empâtage : Les huiles végétales et la soude sont introduites dans le chaudron et portées à ébullition sous agitation. Ici commence la saponification et se forme alors progressivement une pâte de savon.
  • La cuisson : Au cours de la cuisson, la soude est ajoutée en excès afin de saponifier les matières grasses qui n’auraient pas réagies au stade de l’empâtage. Ce mélange bout à 120 °C pendant plusieurs heures.
  • Le relargage : La pâte est alors « lavée » à l’eau salée à deux reprises (une demi journée chacune) et enfin débarrassée de l’excès d’eau, des impuretés contenues dans les matières grasses et de la glycérine. Plusieurs lavages à l’eau douce suivront.
  • L’épinage : Le surplus de liquide est retiré par décantation.
  • La liquidation : Elle consiste à le faire bouillir une dernière fois le savon à gros bouillon, en l’arrosant à l’eau pure. Le rôle du maître savonnier est particulièrement important ici, car c’est à ce moment là qu’il « goûte » le savon, c’est-à-dire qu’il vérifie sa consistance et son homogénéité. Le tout repose alors entre 18 h et 48 h et c’est ainsi que le savon peut alors être qualifié d’« extra-pur ».
  • En ébullition le jour et au repos la nuit, la pâte « travaille » ainsi de 8 à 10 jours
  • La cristallisation : Le passage de l’état liquide à l’état solide d’effectue par passage dans un atomiseur sous vide dans lequel le savon est pulvérisé. Il perd une partie de son eau et se solidifie en refroidissant.
  • Le moulage : Le savon passe dans des « boudineuses » en série dans lesquelles il est compressé pour devenir une pâte homogène. Il sort des « boudineuses » au travers d’une filière qui permet l’ébauche de sa forme (barres ou « bondons »). Le savon solidifié est découpé en cubes puis marqué, sur 6 faces pour le traditionnel savon de Marseille.

Source :  La Compagnie du Savon de Marseille