Sign up with your email address to be the first to know about new products, VIP offers, blog features & more.

Orientation pédagogique de l’atelier – Philippe Delahautemaison

“ Che fare ? ”

%enseignement Design Marseille Philippe Delahautemaison Agnès Martel Esadmm Orientation pédagogique de l'atelier - Philippe Delahautemaison

Dans l’article Les usages culturels du mot design (publié dans la revue Mode de recherche, n° 14 Qualifier le design : entre usage, esthétique et consommation, juin 2010, ISSN : 1779-626), Bruno Remaury rappelle que :

« Dans ses Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes publiés entre 1666 et 1688, André Félibien, historiographe de Louis XIV et secrétaire de l’Académie d’architecture, emploie régulièrement le verbe “desseigner” pour “dessiner”, orthographe qu’au XVIIIe siècle Furetière qualifie de rare mais qui n’en figure pas moins à la lettre D de son dictionnaire, quelques lignes avant “dessein” et “dessiner”. De la même façon, les planches de l’Encyclopédie de Diderot consacrées au dessin sont légendées “Dessein” – mots tous deux originaires du latin designare qui signifie “représenter concrètement” lui-même passé dans l’italien de la Renaissance sous la forme disegnare pour, au sens propre, “tracer les contours de quelque chose” ou au sens figuré “former un projet”. Une double dimension présente aux origines du mot, celle du “dessin à dessein”, que le sens français a perdues là où l’anglais design les a conservées. Le terme “design ‘est un anglicisme qui apparaît en France à la fin des années 50 à partir d’un seul des trois sens du mot anglais design (design renvoie pour le Cambridge Dictionary à trois définitions qui sont précisément celles du dessein du XVIIIe siècle : il désigne à la fois le plan d’un projet (au sens technique du terme), l’intention et le motif. »

L’atelier de méthodologie du projet “Che fare ? ” s’inscrit dans cette triple définition des champs du design et travaillera en binôme avec l’atelier dirigé par Agnès Martel.

Il privilégie également le questionnement sur la notion de décor, d’ornement et de motif. Il n’est pas question de revenir aux arts dits décoratifs, mais d’étudier et d’expérimenter comment les envies et les modes de productions actuels permettent de produire de nouvelles formes, où l’ornement, le motif peuvent être légitimes. Dans cette optique, conjointement à l’atelier d’Agnès Martel, l’atelier développera des partenariats avec des lieux de production de tout type disposant de savoir-faire, de technicités pouvant interroger et stimuler le travail des étudiants.

Le but de l’enseignement est la formation de professionnels autonomes dans leur pratique et ancrés dans la création contemporaine.

La pédagogie est fondée sur l’expérimentation de la forme, sur les conditions d’apparition de la forme, et sur la signification de la forme dans un contexte donné. Tout au long du cursus, l’étudiant est incité à s’interroger sur le sens induit par les formes qu’ils produit, sur le sens donné par l’usage et l’histoire, les cultures.

Pour ce faire, l’étudiant est incité à :

  • produire et expérimenter des formes
  • les mettre en relation avec les formes déjà existantes
  • comprendre et analyser la typologie dans laquelle elles s’inscrivent
  • comprendre comment et pourquoi ces formes apparaissent à un moment donné, dans un champ culturel donné.
  • Produire des formes contemporaines, pertinentes, responsables par rapport à un contexte clairement défini.

La pédagogie de l’atelier “che fare ? ” est axée sur l’acquisition des outils fondamentaux de représentation et de formalisation de l’espace ‘civilisé’, en relation étroite avec les cours artistiques communs de l’école, et sur l’accompagnement personnel des étudiants et le développement de points de vue singuliers et responsables. La place dédiée aux technologies actuelles est un élément important de l’enseignement et s’appuie sur les équipements techniques de l’école.

L’atelier est le lieu ‘clé’ de l’enseignement, c’est à partir de lui que le travail, les expérimentations s’organisent. L’acquisition des outils fondamentaux (croquis, dessin, maquette, infographie, C.A.O.) se fait par l’immersion immédiate dans le travail de projet, et l’étudiant reçoit la formation à ces outils pendant le développement du travail. De la sorte, l’étudiant est amené à s’approprier et à expérimenter ces outils, et comprend la pertinence et la potentialité de tels modes de représentation, de tels processus de formalisation.

Les exercices et thèmes de travail engagent l’étudiant à définir et affirmer ses envies, son positionnement, son engagement. Pendant toute la durée du cursus, l’accent est également mis sur l’expérimentation, le développement de recherches personnelles, et la connaissance et analyse des productions artistiques.

En plus du socle de base des enseignements propres à l’option ‘design’, les pratiques et échanges transversaux seront encouragés, en tant que préfiguration de la vie professionnelle : contact avec des designers, artistes, architectes, graphistes, paysagistes. Ces échanges peuvent par exemple prendre la forme de workshops et viennent rythmer différemment l’année d’enseignement.

Un workshop par semestre est organisé, en commun avec Agnès Martel.

La progression pédagogique, de l’année 2 à l’année 3, est définie par une complexification progressive des contextes et des programmes. Parallèlement, pendant ces mêmes années, le travail d’analyse de l’espace permet d’appréhender la complexité des programmes et des contextes (de l’espace intime à la ville) :

L’atelier propose de travailler en simultané à des projets courts et des projets longs et s’investira dans le workshop Agora.

En année 2, les sollicitations intègrent une dimension réelle, dans des programmes traitant de l’espace privé et de l’espace public. Les programmes proposés impliquent de penser les réponses, avec l’autre, en tenant compte de contraintes simples.

Certains thèmes de travail peuvent donner lieu à des ‘ateliers’ transversaux avec d’autres options de l’école.

En année 3, les programmes prennent en compte toute la complexité des usages, dans des programmes liant l’espace privé et la ville, dans des contextes réels. Les réponses aux programmes sont pensées pour les autres, le travail de groupe est encouragé, ainsi que les pratiques transversales.

Année 2

Objectifs : S’approprier les outils fondamentaux aux arts visuels, et ceux plus spécifiques à la pratique du projet de design. Être en mesure de répondre à des programmes + complexes.

Contenu : Expérimenter lors d’exercices et de thèmes de travail donnés par l’ensemble des modules d’enseignement de l’option les notions fondamentales des arts visuels et de l’espace.

Méthode :

Travail personnel en atelier et/ou en extérieur, présentation de l’avancement des travaux devant le groupe d’étudiants de l’option.

Tenue d’un carnet d’étude par projet ; le carnet d’étude compile chronologiquement l’ensemble des recherches, croquis, dessins, photos, textes, etc.. Il est la trace du cheminement du travail.

Exercices et thèmes de travail traitant des notions propres aux modules d’enseignement de l’option.

Prérequis : réussite année 1

Évaluation : Continue lors du travail en atelier et collégiale lors de séances d’évaluation internes à l’option

— critères :

  • Maitrise des pratiques techniques
  • Singularité et cohérence du positionnement
  • Pertinence et évolution des expérimentations
  • Qualité des réalisations
  • Assiduité

— modalités :

  • Séances d’évaluation collégiale par un jury interne à l’option a mi-semestre environ.
  • Jury interne et invitation de membres extérieurs à l’option une fois par semestre.

Année 3

Objectifs : Acquérir l’autonomie de la pratique, être opérationnel dans le cadre d’un travail en agence d’architecture et/ou de design. Avoir les prémisses d’un positionnement singulier et pertinent sur le monde. Être en mesure de définir les intentions du projet de fin d’études.

Contenu : Expérimenter lors d’exercices et thèmes de travail donnés par l’ensemble des modules d’enseignement de l’option les notions fondamentales des arts visuels et de l’espace.

Méthode : Travail personnel en atelier et/ou en extérieur, présentation de l’avancement des travaux devant le groupe d’étudiants de l’option.

Tenue d’un carnet d’étude par projet ; le carnet d’étude compile chronologiquement l’ensemble des recherches, croquis, dessins, photos, textes, etc.. Il est la trace du cheminement du travail.

Thèmes de travail traitant des notions propres aux modules d’enseignement de l’option

Prérequis : réussite année 2

Évaluation : Collégiale

— critères :

  • Maitrise des pratiques techniques
  • Singularité et cohérence du positionnement
  • Pertinence et évolution des expérimentations
  • Qualité des réalisations

— modalités :

Séances d’évaluation collégiale par un jury interne à l’option tous les deux mois environ.

Jury interne et invitation de membres extérieurs à l’option et/ou l’école une fois par semestre.

Philippe Delahautemaison